L'université

 

Des universités autonomes et en concurrences

S'il n'y avait qu'un seul secteur à réformer, je pense qu'il devrait concerner (de toute urgence) l'enseignement supérieur. Claude Allègre (qui est à mes yeux le meilleur ministre de l'Education Nationale que la France ait eu) avait une volonté réelle de réforme (il s'est malheureusement heurté à des syndicats hostiles). Il avait d'ailleurs écrit un livre consacré à l'enseignement supérieur (L'âge des savoirs) et ses idées étaient des plus pertinentes. Plus le temps passe et plus les inégalités se creusent entre les grandes écoles et les universités. Il est aujourd'hui urgent de revoir de fond en comble l'enseignement supérieur. Je propose donc de donner une certaine autonomie aux universités afin qu'elles puissent gérer directement leur infrastructure, la recherche de mécénat…en ayant leur propre budget. Avec un président d'université fort qui pourrait choisir lui-même la politique qu'il souhaite pour son campus. Des règles communes devraient tout de même être respectées pour l'ensemble des universités (même montant pour les frais d'inscription…).

Par exemple, pourquoi ne pas instaurer un système démocratique au service des étudiants qui pourraient élire leur président d'université pour une durée limitée et ceci parmi des candidats proposés par l'Etat ? Ceci est une piste qu'il faut étudier mais qui me semble aller en faveur d'un objectif noble : placer les étudiants au centre du système universitaire. Cela dynamiserait indéniablement les universités et créerait une compétition saine entre les différents établissements pour le bien des étudiants. Chaque année, un classement des meilleurs résultats serait publié (meilleurs résultats et surtout le taux de classement professionnel des étudiants après leurs études) pour juger les universités les plus dynamiques. Les universités les moins bien classées seraient aidées par l'Etat à travers des subventions afin de leur permettre de recruter de meilleurs intervenants et d'évoluer dans le classement.

Ainsi, ce classement serait différent chaque année grâce à un rééquilibrage et une intervention de l'Etat pour un système universitaire relativement égalitaire. Chaque université aurait l'ambition de figurer en tête de ce classement et pourrait juger les efforts de toute une année en essayant de s'améliorer.

Intégrer les grandes écoles publiques au sein des universités

Le niveau de l'université est en chute constante, les conditions d'accueil sont de plus en plus précaires alors que les grandes écoles attirent les meilleurs élèves tout en formant l'élite de demain… Je pense qu'il faudrait rehausser le niveau des universités françaises tout en supprimant le statut des grandes écoles publiques et les intégrer à part entière au sein des universités. Normal Sup, Sciences Po … pourraient être rattachées à part entière à des universités et constitueraient un département d'étude comme un autre, avec des modalités de sélection assez similaires aux universités, basé sur le niveau scolaire et la motivation. Ainsi, cela aurait l'avantage de ne pas créer de discrimination de statut entre d'un côté les grandes écoles sélectives et de l'autre les universités ouvertes à tous et sans réelle valeur ajoutée.

Instaurer une sélection à l'entrée de l'université

L'université n'a plus du tout de prestige, c'est un lieu sordide et délabré où le taux d'échec durant les 1ères années est supérieur à 50%. Elle me fait penser à un bateau en plein naufrage qui chaque année s'enfonce un peu plus. En clair, c'est un système inefficace. Je propose donc d'instaurer une sélection à l'entrée de celle-ci basée sur un entretien oral de motivation et de projet professionnel associé à un test de niveau (adapté à la filière que l'on souhaite suivre). Cette sélection aura pour objectif d'enrayer les 50% d'échec que l'on rencontre aujourd'hui. Ceux qui n'auront pas un niveau acceptable pour entrer en université ne sauront pas pour autant abandonnés ou laissés sur le côté de la route. Bien au contraire, ils seront aidés à travers une année d'adaptation (entre le bac et leur entrée en université) afin de leur donner les armes qui leur manque pour réussir. Ainsi au lieu d'abandonner dès la 1ère année, ils pourront espérer aller au bout de leur projet d'étude après cette année d'adaptation. Chaque personne au sein de l'université aurait un niveau et une motivation réelle… ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui.

Augmenter le niveau des universités en centrant l'enseignement autour des étudiants

Le niveau de l'université est vraiment décevant, aussi bien par celui des élèves que de la majorité des professeurs. Il faut à tout pris que ce niveau soit revu à la hausse et qu'il soit centré autour des étudiants et non des professeurs comme c'est le cas aujourd'hui. La plupart des professeurs que j'ai pu rencontrer dans mes études n'avaient pas beaucoup d'estime et de respect pour les élèves. En plus d'être très mauvais pédagogues, ils n'essayaient jamais de faire participer leurs étudiants. Les bons professeurs sont très rares en université et les rares fois où j'ai pu en rencontrer, j'avoue en avoir retiré une énorme satisfaction. Quel bonheur cela aurait été de n'avoir que des bons professeurs avec du savoir, de la pédagogie pour nous l'enseigner et qui puissent nous faire participer oralement dans une ambiance propice à l'échange. Aux Etats-Unis, c'est justement le genre de professeurs que l'on peut espérer rencontrer à presque tous les cours.

La raison est simple, les cours sont centrés autour des élèves. Ce sont eux d'ailleurs qui jugent leurs professeurs à la fin de chaque année à travers des questionnaires. Si jamais un professeur obtient trop de remarques négatives venant des étudiants, il ne pourra pas espérer enseigner une nouvelle année à l'université. Ainsi, la majorité des professeurs présents dans les universités américaines sont parmi les plus compétents. Qui est plus à même de juger un professeur que son étudiant ? Et c'est en partie pour cela que les universités américaines sont considérées comme les meilleures au monde. Alors qu'en France, le système universitaire est centré autour des professeurs et ne laisse presque aucune place aux étudiants. La majorité des professeurs d'université ne doivent plus bénéficier d'un statut de fonctionnaire. Il faut changer cela et proposer d'instaurer ce type de questionnaires que les étudiants rempliront à la fin de chaque année, pour placer l'étudiant au centre de l'université.

Restaurer les infrastructures universitaires et valoriser le salaire des professeurs

Il me semble également important de restaurer nos universités. Elles sont vraiment dans un tel état de délabrement qu'on peut se demander si elles sont réellement des universités ou si elles se rapprochent plus d'une sorte de " squat " ! Aux Etats-Unis, les campus sont superbes, à la pointe de la technologie avec des professeurs compétents et des laboratoires qui sont premiers dans le monde. Il faut que nous nous inspirions de leur réussite en créant notre propre système universitaire. Un système universitaire qui aurait la prétention d'être équivalent ou voir meilleur (car le niveau des études aux Etats-Unis n'est pas très élevé) sans la discrimination par l'argent. Une année universitaire aux Etats-Unis coûte souvent plus de 20 000 euros, je propose d'augmenter sensiblement l'inscription à l'université pour nourrir une politique ambitieuse au service des étudiants. Une contribution de 2000 à 3000 euros par an qui pourra être réduite en fonction des revenus de chacun. Un système de prêt à taux zéro serait proposé pour ceux qui souhaitent s'inscrire et qui n'en auraient pas les moyens, ainsi personne ne serait laissé sur le bas côté. Avec une revalorisation des universités en s'inspirant des grandes écoles, les débouchés professionnels devraient être tel que l'étudiant pourra ensuite rembourser sereinement le crédit pour ses études sans difficulté. Les étudiants doivent comprendre que l'Etat ne peut pas contribuer entièrement à une politique aussi ambitieuse. La question est simple : Est-il préférable de garder le système actuel, à savoir un système à la dérive, sans prestige et sans valeur professionnelle (à part au niveau du DESS et encore !) sans augmenter le montant de l'inscription ou est-il préférable d'augmenter sensiblement les frais d'inscription dans l'intérêt des étudiants en leur proposant des locaux dignes, des infrastructures à la pointe de la technologie, des professeurs compétents (car plus payés et mieux sélectionnés) et surtout un cursus valorisé qui leur proposera un réel débouché professionnel à la fin de leur étude ?

Développer un partenariat avec les universités étrangères

Je souhaiterais également que chaque étudiant français puisse partir étudier au moins un an à l'étranger car c'est en voyageant que l'esprit s'ouvre et c'est bien l'une des qualités qu'un étudiant se doit d'avoir. Etudier un an à l'étranger permettra à nos étudiants de s'ouvrir au monde, à une période où les frontières sont de plus en plus ouvertes. Cela sera une valeur ajoutée certaine pour notre système universitaire. Mais vu le nombre d'étudiants je pense que cela ne pourra pas se faire avant quelques année, il faudra d'abord créer un partenariat avec suffisamment d'universités à travers le monde. Il faudrait également étudier les aides que l'on pourrait mettre en place pour les plus démunis… Mais cela serait un projet pour les générations à venir afin d'avoir une jeunesse française plus tolérante et plus ouverte sur le monde.

Professionnaliser les cursus universitaire

Tout au long de mes études, j'ai été surpris de voir à quel point l'université ne forme pas les étudiants pour la vie active. Elle forme essentiellement des chercheurs, qui pour certains, deviendront professeurs avec des débouchés extrêmement limités. Au lieu de former des cadres, des techniciens qualifiés, des ingénieurs…, ce qui serait utile à la société, elle ne forme essentiellement que des chercheurs ou des professeurs. Il me semble primordial de professionnaliser les cursus universitaires pour adapter l'université au tissu économique et aux demandes des entreprises. Sous la politique d'un président d'université fort, qui aura pour principal objectif d'adapter les cursus universitaires en fonction de la demande professionnelle, les programmes seront modernisés afin de faire une distinction entre les études pour devenir professeur ou chercheur et les études axées sur les emplois privés. Il faudrait également développer le partenariat des entreprises avec les universités à travers les mécénats comme cela a lieu dans les pays anglo-saxon. Par exemple, un constructeur d'ordinateur pourrait financer les ordinateurs nécessaires à une université en échange de publicité sur le campus... Mais pour qu'une entreprise soit intéressée par une université il faut que son image soit valorisante, ce qui est loin d'être le cas aujourd'hui.

L'université doit être un moteur pour la recherche française

La recherche française ne doit plus être le parent pauvre des universités. Elle doit être encore plus présente et surtout bénéficier de moyens supplémentaires. Notamment la recherche scientifique et médicale qui doit être une priorité nationale. Les universités (associées aux laboratoires publics et privés…) doivent être un moteur pour la recherche française lui permettant ainsi de se développer dans un espace moins sujet aux pressions de rentabilité à court terme.

 

 

Les priorités scientifiques...