La Santé

 

Une médecine à trois vitesses

Il y a, malheureusement, en France une médecine à trois vitesses. C'est en tout cas ce que j'ai pu remarquer d'après mes expériences personnelles. Une médecine pour les pauvres (peu coûteuse mais aussi de moindre qualité), une médecine pour les riches (plus coûteuse, et en générale de meilleure qualité sans être à l'abri de tomber sur un des nombreux médecins incompétents) et enfin une médecine pour les riches qui ont les relations et/ou la connaissance du milieu médical (un peu comme les parents de prof qui peuvent mieux orienter et conseiller leur enfant), ce qui leur permettra d'avoir accès aux meilleurs médecins (ces médecins sont des sortes de " Dieux " et il faut souvent attendre de longs mois pour un simple rendez-vous). Ce système me semble particulièrement injuste et opaque. Aucune transparence vis à vis des patients et surtout aucun recours possible lorsque le diagnostic est mauvais ou le médecin incompétent. Bien sur tout ce que je viens de dire mérite d'être relativisé. Nos médecins sont parmi les meilleurs au monde (malgré cette injustice à trois vitesses), le "plan cancer" lancé par le chef de l'Etat (qui permet aux hôpitaux de s'équiper en scanner, IRM de dépistage, de mettre en relation les chercheurs...) est une volonté positive d'amélioration même si on en entend plus parler. Lorsque l'on regarde le domaine de la santé dans d'autres pays du monde, on peut s'estimer heureux d'avoir un accès aussi facile et avec un système de prise en charge quasi total et sans doute (malgré un déficit record et une gestion de l'Etat alarmiste) parmi les plus solidaires du monde.

Evaluer les médecins et les établissements hospitaliers

Pourquoi ne pas évaluer les médecins tout au long de leur carrière médicale? Pourquoi ne pas "noter" les médecins par rapport à leur bon diagnostic et leur "résultat"? Ce qui permettra d'avoir un guide avec la compétence et les " notes " de chaque médecin sur une année. Il faut également évaluer les établissements hospitaliers afin d'améliorer les dysfonctionnements et d'informer les Français de la situation réelle de chaque hôpital. Comme pour les médecins, un classement annuel, basé sur des critères de qualités (liés à l'hygiène, aux infections, à l'accueil, au temps d'attente, l'écoute et le respect du patient…), serait publié dans l'objectif que les mauvais établissements réagissent et que les bons soient récompensés.

La santé est le domaine qui, selon moi, ne doit pas accepter les erreurs. Parfois, un mauvais diagnostic ou une opération ratée (par manque de sérieux ou d'attention du praticien) peut briser la vie d'un patient et par la même occasion la vie de ses proches (amputation suite à certainement une mauvaise hygiène des médecins comme pour l'exemple touchant de Guillaume Depardieu, opéré du genou et qui a fini par perdre sa jambe ! Cela me semble intolérable. Encore plus que dans les autres secteurs, le domaine médical ne doit jamais (ou de manière exceptionnelle et lorsque cela n'est pas de la responsabilité des médecins) donner lieu à des erreurs, et si ces erreurs sont de la responsabilité directe du médecin, je pense qu'il devrait y avoir un recours afin de sanctionner le mauvais médecin en l'avertissant ou en le jugeant devant la justice républicaine. Au bout d'un certain nombre d'avertissement le médecin n'aurait plus le droit d'exercer. Il faudrait réfléchir à des idées réformatrices qui placent le patient au cœur du domaine médical.

Favoriser la création de grands pôles hospitaliers

Par soucis d'efficacité et d'économie, il me semble primordial de favoriser la création de grands pôles hospitaliers. Cela est dans l'intérêt des médecins, des patients et de l'Etat. Les médecins auraient ainsi accès à toutes les infrastructures nécessaires, les patients pourront avoir un accès à tous les services qui concernent leur symptôme. Ces grands pôles hospitaliers seront plus économiques et beaucoup plus efficaces. Bien évidemment la médecine de proximité doit continuer à exister au travers des centres de santé.

Lutter contre les maladies nosocomiales

Que penser également des maladies nosocomiales (infections graves que l'on attrape à l'hôpital après une opération) qui restent un véritable fléau pour les patients âgés et pour les autres ? Je me rappelle d'un médecin qui devait m'introduire une aiguille dans le genoux pour un examen et à qui j'ai dû demander de se laver les mains et de mettre des gants (sans cela il m'a avoué qu'il ne l'aurait pas fait !). Malgré cela, je ne me suis pas senti rassuré car lorsqu'il avait fini de se laver les mains il a fermé le robinet avec ses mains propres ! Ainsi, s'il avait laissé une mauvaise bactérie lorsqu'il avait ouvert le robinet pour se laver les mains, il aurait très bien pu la récupérer ensuite en fermant le robinet ! Ceci n'était bien sûr pas de sa faute, mais celle de l'hôpital qui devrait penser à ce genre de détail primordial pour la lutte contre les infections. Comment accepter à notre époque que les patients ne soient pas informés des résultats de transmission des maladies nosocomiales dans les hôpitaux suite à des interventions ?

Augmenter significativement les moyens pour les urgences ainsi que le numerus clausus

Comment accepter des attentes de trois ou quatre heures (parfois même huit heures !) aux urgences ? Comment expliquer que le numerus clausus (nombre d'admissions au concours de première année de médecine) soit aussi restreint dans les facultés de médecine alors que tout le monde sait que d'ici très peu d'années, si rien n'est changé, la France sera en grand manque de médecins ? Il semblerait qu'en 2020, la France souffrira d'un manque considérable de médecins. Pourquoi ne pas anticiper cette pénurie intolérable dès aujourd'hui ? Il sera trop tard si on attend 2020. Il faut 9 ans au minimum pour former un médecin, c'est donc maintenant qu'il faut agir et de toute urgence. Je propose donc d'augmenter massivement le numerus clausus en fonction des besoins des prochaines décennies. Ceci est une priorité de santé publique.

Instaurer le droit de mourir dans la dignité

Les malades qui sont dans des états de santé graves doivent avoir le droit de mettre fin à leur souffrance en étant accompagnés par des médecins. L'euthanasie ne doit plus être un tabou en France, il faut l'utiliser lorsque l'état du patient l'exige. Une personne handicapée qui ne peut plus bouger et qui a besoin d'une assistance 24h/24 a le droit de mourir si lui ou sa famille le souhaite… L'euthanasie, pour des raisons de santé et basé sur la volonté des malades ou de leur entourage, doit devenir un droit fondamental.

Le don d'organe doit devenir automatique

Il est tout simplement surprenant de savoir que la majorité des personnes décédées seront enterrées ou incinérées sans avoir pu contribuer à aider quelqu'un qui aurait eu besoin d'un organe pour vivre. Cela me paraît hallucinant. La norme doit être inversée et une loi doit être mise en place afin que le don d'organe soit automatique à la mort de chacun. Ainsi toutes les personnes décédés, dans des conditions permettant la transplantation d'organe, seraient automatiquement opérées pour aider les personnes en attente de don d'organe. Et seules les personnes ayant mentionnées, par écrit à un organisme médical défini, leur volonté de ne pas donner leur organe après leur mort, ne seraient pas concernées. Elles pourraient figurer sur un fichier médical auquel l'ensemble des médecins auraient accès et qu'ils pourraient consultés le jour de la mort d'un individu. Ainsi, il n'y aurait aucune perte de temps pour savoir s'il est possible de prélever ou pas les organes d'une personne décédée. Et surtout, ce qui est rare aujourd'hui deviendrait courant pour l'ensemble des Français. La solidarité après la mort profiterait aux personnes malades en attente d'une greffe d'organe et sauverait de nombreuses vies.

Humaniser les attentes en milieu médical

L'une des défaillances les plus visibles de notre système de santé est l'attente souvent chronique que doivent subir la plupart des patients. Cette attente est en générale proportionnelle au prix de la consultation. Les cabinets médicaux situés dans les quartiers bourgeois seront souvent ponctuels alors que les centres de santé situés en zone populaire seront rarement ponctuels, ce que je trouve profondément injuste et infondé. Que penser des temps d'attente qui se comptent en heures lorsqu'il s'agit des urgences ? Le temps est une valeur précieuse qu'il faut optimiser et ne pas perdre bêtement. Un patient qui perd trente minutes dans une salle d'attente, c'est un papa qui perd trente minutes pour aider sa fille à faire ses devoirs, c'est un cadre qui perd trente minutes de travail… En caricaturant un peu, on peut même dire que ces trente minutes de retard sont nuisibles socialement et économiquement à notre pays.

Il faut changer cela, les retards ne doivent pas excéder dix minutes à part si cela reste exceptionnel. Alors qu'au jour d'aujourd'hui (avec la pénurie débutante des médecins associée à certaines mauvaises volontés), le retard est presque toujours supérieur à vingt minutes. Le médecin ne s'excuse même pas d'ailleurs car c'est acquis dans les mœurs. Par contre, si un patient à le malheur d'avoir vingt minutes de retard et que son tour est passé, il risque de ne plus pouvoir consulter le médecin. Le système est encore une fois centré sur le médecin et non sur le patient. Associé à la réforme sur l'évaluation des médecins (aussi bien au niveau du service que de la qualité du diagnostic et des soins) et sur l'augmentation du numéros clausus, il faut humaniser les attentes en milieu médical et placer le patient au cœur du système en lui apportant le respect, les conseils et les soins dont il a besoin.

Le secteur de la santé en France est en crise. D'ici quelques années la situation risque d'être catastrophique, il est encore temps de changer l'avenir pour un système de santé meilleur et plus moderne qui profitera à chacun de nous et surtout à nos enfants. Le domaine de la santé (avec l'éducation) est sans doute ce qu'il y a de plus important dans un pays moderne. C'est d'ailleurs selon moi, ce qui témoigne de la modernité d'un pays. Il me semble donc prioritaire de réformer la Santé en France, pour la rendre plus transparente, plus compétente et plus accessible à tous, en deux mots : plus efficace.

 

 

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